L’archivistique désigne la science qui étudie les principes et les méthodes de collecte, de traitement, de conservation et de valorisation des documents d’archives. Cette discipline pose le cadre théorique qui structure chaque geste concret de l’archivage, du tri initial jusqu’à la communication du document.
Qu’est-ce que l’archivistique et à quoi correspond cette discipline ?
L’archivistique répond à une question simple en apparence : comment organiser des documents pour qu’ils restent utiles et compréhensibles dans le temps ? Cette question rejoint directement celle du rôle des archives pour une entreprise, et la discipline apporte un cadre théorique à une pratique aussi ancienne que l’administration elle-même.
Science qui étudie les principes et les méthodes appliqués à la collecte, au traitement, à la conservation, à la communication et à la mise en valeur des documents d’archives.
Une science qui encadre le cycle de vie des documents d’archives
L’archivistique se définit comme la science qui étudie les principes et les méthodes de collecte, de traitement, de conservation, de communication et de mise en valeur des documents d’archives. Cette définition place la discipline du côté de la théorie : elle explique pourquoi un document doit être classé d’une certaine façon, pas seulement comment le ranger physiquement.
Le terme est directement construit sur le mot « archives », lui-même hérité du grec ancien et lié à l’origine aux actes du pouvoir. Pour retracer plus largement l’histoire et les différents sens du mot « archives », l’article consacré à une tentative de définition des archives détaille cette origine et ses évolutions dans la langue française.
Une organisation qui applique les principes de l’archivistique gagne en méthode : chaque document trouve sa place selon des règles vérifiables, et non selon des habitudes propres à chaque service.
Les quatre missions fondamentales de l’archivistique
Quatre missions résument le champ d’action de la discipline. Le tableau suivant les détaille.
| Mission | Ce qu’elle recouvre |
| Collecte | Identifier et rassembler les documents produits par une organisation dans le cadre de son activité |
| Traitement | Trier, classer et décrire les documents selon un plan cohérent |
| Conservation | Garantir l’intégrité et l’accessibilité des documents dans le temps |
| Communication et mise en valeur | Rendre les documents consultables et exploitables par leurs utilisateurs légitimes |
Ces quatre missions s’enchaînent dans un ordre logique : sans collecte méthodique, le traitement devient approximatif ; sans traitement rigoureux, la conservation perd son utilité.
Quelle différence entre l’archivistique et l’archivage ?
La confusion entre les deux termes reste fréquente. L’archivistique est la science ; l’archivage est l’action qui en découle. La première élabore des règles, des principes et des méthodes ; le second les applique concrètement, document après document, boîte après boîte.
Pour une entreprise, cette distinction garde un intérêt pratique. La définition complète de l’archivage détaille l’ensemble des techniques et moyens employés pour recueillir, classer, conserver et exploiter des documents jusqu’à leur destruction éventuelle, autrement dit l’application opérationnelle des principes archivistiques.
Un plan de classement, une politique de conservation ou un tableau de gestion documentaire sont ainsi des productions de l’archivage, construites sur des bases posées en amont par l’archivistique.
Slideshare : Analyse archivistique de Danis Habib
Quels sont les grands principes et domaines de l’archivistique ?
L’archivistique s’appuie sur des principes théoriques éprouvés depuis plus d’un siècle. Ces bases orientent encore aujourd’hui les pratiques professionnelles, y compris dans les organisations privées.
Le respect des fonds, le principe de provenance et le respect de l’ordre primitif forment le socle des méthodes archivistiques appliquées dans le monde entier.
Trois principes hérités de la théorie archivistique
Ces principes, élaborés par les archivistes du XIXe et du XXe siècle, gardent toute leur portée pour organiser des fonds documentaires modernes, papier comme numériques.
- respect des fonds : les documents d’une même provenance restent regroupés et ne sont jamais mêlés à ceux d’une autre origine ;
- principe de provenance : chaque document conserve un lien identifiable avec le service ou la personne qui l’a produit ;
- respect de l’ordre primitif : le classement d’origine donné par le producteur du document est préservé autant que possible.
Ces principes accompagnent directement le cycle de vie d’une archive, depuis sa création jusqu’à son sort final, qu’il s’agisse d’une conservation permanente ou d’une destruction planifiée.
Les domaines connexes de l’archivistique
L’archivistique dialogue avec plusieurs disciplines voisines, chacune apportant un éclairage complémentaire. Le tableau suivant situe ses principaux domaines connexes.
| Domaine | Ce qu’il couvre |
| Diplomatique | L’étude de l’authenticité et de la structure des actes anciens |
| Paléographie | Le déchiffrage des écritures anciennes pour rendre les fonds historiques lisibles |
| Records management | La gestion des documents dès leur création, selon la norme ISO 15489 |
| Gestion électronique des documents | Le traitement des fichiers numériques dans leur phase active d’utilisation |
Le records management prolonge l’archivistique dans le monde numérique, en organisant les documents dès leur création plutôt qu’après coup.
Le records management, prolongement contemporain de l’archivistique
Le records management applique les principes archivistiques dès la naissance du document, et non plus seulement au moment où il devient une archive. Cette approche, réglementée par la norme ISO 15489, recense les documents selon leur type et détermine leur valeur avant même leur création.
Les termes propres à cette évolution numérique — SAE, GED, valeur probante — sont réunis dans le lexique archivistique d’Arcalys, qui recense le vocabulaire du secteur pour les professionnels comme pour les non-spécialistes.
Qui pratique l’archivistique en entreprise et comment s’y former ?
L’archivistique ne reste pas confinée aux services publics ou aux centres d’archives historiques. Des professionnels formés à cette science interviennent aussi au sein des entreprises privées, quelle que soit leur taille.
Un archiviste manager, un archiviste expert ou un agent technicien appliquent chacun, à leur niveau, les principes de l’archivistique au sein d’un service d’archives.
Les métiers de l’archiviste, praticiens de la discipline
Plusieurs profils professionnels mobilisent les méthodes archivistiques au quotidien, avec des niveaux de responsabilité différents.
- archiviste manager : pilote la politique d’archivage et encadre l’équipe, généralement avec un niveau bac + 5 en archivistique ;
- archiviste expert : conduit des projets et rédige des procédures, avec une formation de niveau bac + 3 à bac + 5 ;
- assistant technicien : applique les procédures sur le terrain, avec une spécialisation de niveau bac ;
- agent technicien : intervient sur la chaîne de traitement matérielle des documents, sans niveau de diplôme imposé.
Le détail de ces quatre profils, leurs missions et leurs niveaux de responsabilité, est développé dans l’article consacré à notre métier d’archiviste professionnel.
Les organismes et formations de référence en archivistique
Plusieurs organismes structurent l’enseignement et la reconnaissance professionnelle de la discipline en France.
- l’École nationale des chartes : forme les archivistes paléographes depuis le XIXe siècle ;
- les universités et instituts spécialisés : proposent des licences et des masters en archivistique et gestion de l’information ;
- l’Association des archivistes français (AAF) : publie des guides de référence et organise des formations continues pour les professionnels en poste.
Pour approfondir ces bases théoriques, la sélection de livres sur l’archivage réunit plusieurs ouvrages de référence, dont certains publiés par l’AAF elle-même.
Se former à l’archivistique, c’est acquérir une méthode transposable à toute organisation, publique ou privée, quelle que soit la taille de ses fonds documentaires.
Pourquoi l’archivistique s’applique-t-elle aussi aux entreprises ?
Une entreprise ne gère pas un fonds d’archives historique, mais elle produit chaque jour des documents soumis aux mêmes questions théoriques : que conserver, comment le classer, pendant combien de temps ? Les principes de l’archivistique répondent à ces questions avant même que la loi n’impose ses propres délais.
La rubrique archivage légal rassemble les textes qui encadrent chaque catégorie de documents, une fois les principes archivistiques posés.
Confier cette organisation à un tiers archiveur formé aux méthodes archivistiques permet à une entreprise de se concentrer sur son activité, sans renoncer à la rigueur documentaire.
Ce qu’il faut retenir de l’archivistique
L’archivistique n’est pas un synonyme savant de l’archivage. C’est la science qui en pose les bases : principes de classement, cycle de vie des documents, méthodes de conservation et de communication. Elle éclaire le pourquoi derrière chaque règle que l’archivage applique ensuite sur le terrain.
Pour une entreprise, connaître ces bases n’exige pas de former des archivistes en interne. Cela permet en revanche de mieux dialoguer avec un prestataire spécialisé, de comprendre la logique d’un plan de classement et de situer ses propres obligations documentaires dans un cadre théorique cohérent, hérité de plus d’un siècle de pratique professionnelle.
FAQ — Questions fréquentes sur l’archivistique
Qu’est-ce que l’archivistique en une phrase ?
L’archivistique est la science qui étudie les principes et les méthodes de collecte, de traitement, de conservation et de mise en valeur des documents d’archives. Elle fournit le cadre théorique sur lequel repose l’archivage au quotidien.
Quelle est la différence entre archivistique, archivage et records management ?
L’archivistique est la science ; l’archivage est son application pratique aux documents existants ; le records management est une méthode de gestion qui applique les mêmes principes dès la création du document, selon la norme ISO 15489.
Faut-il un diplôme pour exercer un métier d’archiviste ?
Cela dépend du poste visé. Un archiviste manager ou expert détient généralement un diplôme de niveau bac + 3 à bac + 5 en archivistique. Un agent technicien peut en revanche exercer sans diplôme spécifique, avec une formation sur le terrain.
L’archivistique s’applique-t-elle aux petites entreprises ?
Oui. Les principes archivistiques — classement cohérent, respect de la provenance, gestion du cycle de vie des documents — s’appliquent à toute organisation qui produit des documents, quelle que soit sa taille. Leur mise en œuvre peut simplement être plus légère qu’au sein d’une grande structure.
Quels sont les grands principes de l’archivistique ?
Trois principes structurent la discipline : le respect des fonds, qui interdit de mélanger des documents d’origines différentes ; le principe de provenance, qui relie chaque document à son producteur ; et le respect de l’ordre primitif, qui préserve le classement d’origine.
Où se former à l’archivistique en France ?
L’École nationale des chartes forme les archivistes paléographes. Plusieurs universités proposent des licences et des masters en archivistique. L’Association des archivistes français complète cette offre avec des formations continues destinées aux professionnels déjà en poste.
