Cette ressource répond aux questions les plus courantes sur la gestion, la conservation et la sécurité des documents papier au sein de votre organisation. Que vous soyez responsable des archives, collaborateur ou dirigeant, vous trouverez ici des réponses concrètes pour optimiser la gestion de vos dossiers physiques et garantir leur pérennité.
Mis à jour le : 20 mai 2026 | Rédigé par l’équipe des archivistes d’Arcalys
Définition et enjeux de l’archivage physique
Qu’est-ce que l’archivage physique des documents en entreprise ?
L’archivage physique des documents en entreprise consiste à organiser, stocker et gérer de manière systématique l’ensemble des documents imprimés produits ou reçus par une organisation dans le cadre de son activité. Contrats, factures, rapports, dossiers du personnel : tous ces supports tangibles font partie du périmètre de l’archivage.
Selon la loi n° 79-18 du 3 janvier 1979, les archives sont définies comme « l’ensemble des documents, quelle que soit leur date, leur forme et leur support matériel, produits ou reçus par toute personne physique ou morale, et par tout service ou organisme public ou privé, dans l’exercice de leur activité ». L’archivage des documents est donc une obligation légale, et non un simple choix d’organisation.
Le décret n° 79-1037 du 3 décembre 1979 distingue trois types d’archives physiques :
- les archives courantes : documents relatifs aux affaires en cours, consultés régulièrement ;
- les archives intermédiaires : documents plus rarement consultés mais soumis à une durée légale de conservation spécifique (DUA – Durée d’Utilité Administrative) ;
- les archives définitives : conservées sans limitation de durée pour préserver le patrimoine et l’histoire de l’entreprise.
Pourquoi mettre en place une politique d’archivage physique ?
Une politique d’archivage bien structurée répond à plusieurs objectifs fondamentaux pour l’entreprise :
- protection des droits en cas de contentieux : la conservation de preuves documentaires permet de défendre vos droits lors d’un litige ou d’un contrôle fiscal ;
- conformité légale : le respect des obligations de conservation est contrôlé par l’administration fiscale, l’inspection du travail ou les organismes sectoriels ;
- sécurité des documents : en confiant vos archives à un prestataire spécialisé, vous bénéficiez de protections contre le vol, l’incendie et les inondations ;
- gain de temps : une organisation rigoureuse réduit considérablement le temps de recherche d’un dossier ;
- optimisation des coûts : une gestion professionnelle des archives réduit les dépenses liées au stockage en interne ;
- valorisation patrimoniale : certaines archives présentent un intérêt historique pour l’entreprise et ses parties prenantes.
Une organisation documentaire claire réduit immédiatement les pertes de temps liées à la recherche d’informations.

Quels documents physiques doit-on archiver en entreprise ?
Tous les documents ayant une valeur juridique, fiscale, comptable ou sociale doivent être archivés, notamment :
| Catégorie | Exemples de documents |
| Documents comptables et financiers | Factures, relevés bancaires, déclarations fiscales |
| Documents juridiques | Contrats, accords, statuts, procès-verbaux |
| Documents RH | Contrats de travail, bulletins de salaire, dossiers employés |
| Documents opérationnels | Rapports annuels, plans, comptes rendus de réunion |
| Correspondances légales | Courriers avec administrations, mises en demeure |
À noter : ce tableau doit être adapté aux besoins spécifiques de votre entreprise et aux réglementations sectorielles applicables à votre activité.
Classement et organisation des archives
Comment classer et organiser ses archives physiques efficacement ?
Le classement doit reposer sur un plan de classement structuré et cohérent, établi en fonction des besoins réels de l’entreprise. Voici les principaux modes de classement utilisés en pratique :
| Mode de classement | Description | Usage recommandé |
| Numérique | Organisation par numérotation séquentielle | Grands volumes, traçabilité |
| Alphabétique | Tri par ordre alphabétique | Dossiers clients, fournisseurs |
| Chronologique | Arrangement par date de création | Factures, courriers |
| Thématique | Regroupement par thème ou sujet | Archives opérationnelles |
| Fonctionnel | Regroupement par département ou fonction | RH, comptabilité, juridique |
| Par projet | Tri selon les projets spécifiques | Chantiers, développements |
L’efficacité du classement repose également sur :
- un étiquetage rigoureux : chaque dossier physique doit être identifié par un titre, une date et un numéro de référence ;
- un registre d’archivage : document ou outil de suivi centralisant l’ensemble des boîtes d’archives, leur contenu et leur emplacement ;
- un bordereau de versement : document formalisé lors du transfert des archives vers un lieu de stockage tiers ou dédié ;
- des révisions régulières : éliminer les documents dont la durée d’utilité administrative est dépassée libère de l’espace et simplifie les recherches.
Les archives physiques restent indispensables pour de nombreux documents juridiques et administratifs.
Comment retrouver rapidement un document archivé en cas de besoin ?
Un plan de classement clair et la tenue d’un registre d’inventaire précis facilitent considérablement la localisation des dossiers. L’utilisation de codes-barres ou de systèmes d’identification numérique est aujourd’hui courante chez les prestataires spécialisés : chaque boîte d’archives est indexée, et la recherche d’un document peut s’effectuer en quelques secondes via un logiciel de gestion documentaire associé.
En conservation en linéaire (archives courantes), l’accès direct est immédiat. Pour les archives intermédiaires stockées en conteneurs, les codes-barres permettent une localisation précise sans révéler le contenu des cartons.
Conservation et durées légales
Quelle est la durée légale de conservation des archives physiques ?
La durée légale de conservation dépend du type de document et des réglementations applicables. Le tableau suivant présente les principales durées en vigueur en France :
| Type de document | Durée de conservation | Texte de référence |
| Contrats commerciaux | 5 ans après fin du contrat | Code civil, art. 2224 |
| Documents comptables | 10 ans | Code de commerce, art. L. 123-22 |
| Bulletins de salaire | 5 ans | Code du travail |
| Contrats de travail | 5 ans après départ du salarié | Code du travail |
| Déclarations fiscales | 6 ans | Livre des procédures fiscales |
| Rapports annuels | Conservation définitive | Pratique interne |
| Politiques internes | Conservation définitive | Pratique interne |
| Documents de sécurité (accidents) | 5 ans minimum | Code du travail |
Important : ces durées constituent des minima légaux. Votre secteur d’activité ou vos accords collectifs peuvent imposer des obligations plus longues. Un archiviste professionnel peut vous aider à établir un tableau de gestion (ou tableau de bord des DUA) adapté à votre structure.
Quels sont les modes de conservation des archives physiques ?
La qualité du mode de conservation conditionne directement la pérennité des documents. On distingue trois approches principales :
- les conteneurs pour archives intermédiaires : les documents peu consultés sont regroupés dans des boîtes d’archives étiquetées et codées. Les cartons sont identifiés par codes-barres pour garantir la traçabilité sans révéler leur contenu ;
- la conservation en linéaire : adaptée aux archives courantes fréquemment consultées, elle permet un accès direct et rapide aux dossiers ;
- les salles sécurisées : les documents confidentiels ou sensibles sont conservés dans des espaces à accès restreint, avec contrôle thermohygrométrique (température entre 16 et 20 °C, humidité relative entre 45 et 55 %).
Sécurité et confidentialité
Comment sécuriser le stockage de ses archives physiques ?
La sécurité d’une archive physique repose sur plusieurs niveaux de protection complémentaires :
| Point de sécurité | Mesures recommandées |
| Localisation sécurisée | Pièce verrouillée, éviter les caves inondables et les zones traversées par des canalisations |
| Contrôle d’accès | Cartes d’accès, codes PIN, badges, journal des accès horodaté |
| Surveillance | Caméras de surveillance, alarme anti-intrusion |
| Protection physique des documents | Boîtes d’archives sans acide, chemises opaques pour les dossiers confidentiels |
| Conditions environnementales | Contrôle de la température, de l’humidité et de la luminosité |
| Destruction sécurisée | Déchiquetage certifié, certificat de destruction, registre de destruction |
| Formation du personnel | Procédures d’accès et de manipulation, politique de confidentialité |
La confidentialité est également garantie par des pratiques spécifiques chez les prestataires spécialisés :
- engagement contractuel de confidentialité signé par chaque archiviste intervenant sur vos documents ;
- anonymat des cartons : les boîtes ne portent que des numéros et des codes-barres, sans indication de leur contenu ;
- transport discret : utilisation de véhicules banalisés pour le transfert des archives sensibles ;
- contrôle d’accès strict sur les sites de stockage externalisés (codes, badges, vidéosurveillance).
Que faire en cas de destruction de documents archivés ?
La destruction de documents archivés doit impérativement suivre un processus formalisé, conforme aux réglementations en vigueur. Les principales étapes sont les suivantes :
- inventaire précis des dossiers physiques à éliminer ;
- vérification du respect des DUA et des obligations légales avant toute destruction ;
- obtention des autorisations internes requises ;
- tri et préparation des documents (retrait des agrafes, trombones…) ;
- choix de la méthode de destruction : déchiquetage industriel, broyage sécurisé, incinération certifiée ;
- émission d’un certificat de destruction horodaté, signé par le prestataire ;
- mise à jour du registre d’inventaire avec la date et la méthode utilisée.
Ce processus assure la traçabilité de la destruction et protège l’entreprise en cas de contrôle ou de litige ultérieur.
Archivage physique des dossiers RH
Quels documents RH archiver physiquement et combien de temps ?
Les dossiers du personnel constituent l’une des catégories d’archives les plus sensibles de l’entreprise. Ils relèvent à la fois du Code du travail, du RGPD et des obligations fiscales.
| Document RH | Durée de conservation | Obligation |
| Contrat de travail | 5 ans après départ | Code du travail |
| Bulletins de salaire | 5 ans (employeur) | Code du travail |
| Registre du personnel | 5 ans après départ du dernier salarié inscrit | Code du travail |
| Documents de formation | 5 ans | Code du travail |
| Évaluations et entretiens | Durée de la relation contractuelle + 5 ans | Recommandation CNIL |
| Déclarations sociales | 3 à 5 ans | URSSAF |
| Documents de sécurité / accidents du travail | 5 ans minimum | Code du travail |
| Données personnelles (hors contrat) | Limitée au strict nécessaire | RGPD |
Le stockage des documents RH doit répondre à des exigences renforcées en matière de confidentialité : accès restreint aux personnes habilitées, locaux ou armoires verrouillés, politique de purge régulière conforme au RGPD.
Les dossiers rh nécessitent des règles de conservation et d’accès particulièrement encadrées.
Logiciels et outils pour gérer le suivi des archives physiques RH
Plusieurs solutions permettent d’associer la conservation des dossiers physiques RH à un suivi numérique, voici quelques technologies émergentes :
- DocuWare : gestion documentaire avec workflow et indexation des archives papier numérisées ;
- M-Files : organisation par contenu plutôt que par emplacement, facilitant la recherche des dossiers ;
- Everteam : suite ECM intégrant la gestion des archives physiques et numériques, adaptée aux obligations légales ;
- OnBase by Hyland : plateforme complète pour la gestion des dossiers employés et le suivi des durées légales ;
- logiciels de GED avec module RH : de nombreuses solutions permettent d’associer une fiche numérique à chaque boîte d’archives physique, avec alerte de fin de DUA.
Avant de choisir un outil, évaluez vos volumes, vos obligations sectorielles et votre capacité à mettre en œuvre la numérisation des dossiers existants.
Vous avez un projet d’archivage physique ? Contactez Arcalys pour bénéficier d’un audit gratuit de vos besoins.
Mise en place d’un système efficace et logiciels
Quels risques menacent vos archives conservées dans vos propres locaux ?
Conserver ses archives en interne expose l’entreprise à des risques souvent sous-estimés :
- sinistres (incendie, dégât des eaux) : un incident peut détruire en quelques minutes des années d’archives irremplaçables ;
- vol ou fuite de documents : un accès non contrôlé à des dossiers sensibles peut avoir de lourdes conséquences juridiques et commerciales ;
- perte de traçabilité : sans système de gestion structuré, retrouver un document précis lors d’un litige ou d’un contrôle devient une opération longue et aléatoire ;
- saturation de l’espace : l’accumulation progressive des documents finit par empiéter sur les surfaces de travail et alourdir les coûts immobiliers.
Comment mettre en place un système d’archivage physique efficace ?
La mise en place d’un système d’archivage performant suit plusieurs étapes structurantes :
- Audit documentaire et stratégie : analyse des volumes, des typologies de documents, des obligations légales et des usages de consultation.
- Plan de classement et tableau de gestion : organisation logique de l’ensemble des fonds d’archives avec indication des DUA pour chaque catégorie.
- Transfert et inventaire des archives : conditionnement, étiquetage et transfert vers le lieu de conservation.
- Stockage sécurisé : mise en place des conditions environnementales et des dispositifs de contrôle d’accès.
- Destruction des archives périmées : élimination planifiée, documentée et certifiée des dossiers dont la DUA est dépassée.
Arcalys accompagne les entreprises d’Île-de-France et du Grand Est dans chacune de ces étapes, de l’audit initial à la destruction sécurisée, en passant par la conservation externalisée.
Avantages et inconvénients de l’archivage physique par rapport au numérique
L’archivage physique des documents et l’archivage numérique ne s’opposent pas ; ils se complètent. Voici les principaux éléments de comparaison :
| Critère | Archivage physique | Archivage numérique |
| Valeur juridique | Original à valeur légale supérieure pour certains actes | Copie numérique fiable si horodatée et certifiée |
| Risques technologiques | Aucun (indépendance technologique) | Obsolescence des formats, panne, cyberattaque |
| Coût d’accès | Aucun équipement requis | Matériel, logiciels, maintenance informatique |
| Volume | Encombrement physique progressif | Stockage scalable et peu encombrant |
| Vitesse de recherche | Plus lente sans outil de tracking | Très rapide avec un bon moteur d’indexation |
| Confidentialité | Maîtrisable avec un accès physique contrôlé | Risque de cyberattaque ou de fuite de données |
| Durabilité | Dépend des conditions de conservation | Dépend de la pérennité des supports et des prestataires |
La tendance actuelle est à l’archivage hybride : conservation des originaux physiques obligatoires complétée par une numérisation des documents les plus consultés, avec une solution de GED associée.
Externalisation et modes de conservation
Quand et pourquoi externaliser l’archivage physique de vos documents ?
Externaliser ses archives physiques auprès d’un tiers-archiveur professionnel est la solution la plus adaptée dès lors que l’entreprise rencontre l’une ou plusieurs des situations suivantes :
- manque d’espace dans les locaux pour une conservation conforme ;
- volumes importants de documents à gérer nécessitant une organisation dédiée ;
- obligations de confidentialité renforcées (secteur médical, juridique, bancaire) ;
- risques de sinistre non couverts par les dispositifs internes ;
- besoin de traçabilité et de reporting sur les archives en cours de conservation.
Un prestataire spécialisé comme Arcalys offre :
- des locaux certifiés aux normes de conservation (contrôle thermohygrométrique, protection incendie) ;
- un accès maîtrisé avec enregistrement de chaque consultation ;
- un service de recherche et communication : livraison du dossier original ou d’une copie numérisée sous délai garanti ;
- la destruction sécurisée en fin de DUA avec certificat ;
- une formule contractuelle avec maîtrise du budget annuel.
Quelles sont les étapes de la gestion des archives papier confiées à un prestataire ?
- audit documentaire et stratégie : identification des besoins, analyse des documents et définition du mode de conservation adapté ;
- plan de classement et tableau de gestion personnalisé : organisation de l’inventaire avec durées de conservation par catégorie ;
- transfert des documents : inventaire contradictoire et conditionnement sécurisé pour le transport ;
- stockage sécurisé : conservation dans des salles avec contrôle de température et d’humidité, accès restreint ;
- destruction planifiée : élimination des archives périmées avec émission d’un certificat de destruction.
Ce qu’il faut retenir
- L’archivage physique est une obligation légale encadrée par la loi n° 79-18 du 3 janvier 1979 et les codes du commerce et du travail.
- Trois types d’archives physiques existent : courantes, intermédiaires et définitives, chacune soumise à des règles de conservation spécifiques.
- Les durées légales de conservation (DUA) varient de 3 ans (certaines déclarations sociales) à définitive (statuts, rapports annuels).
- Les dossiers RH sont soumis à des obligations renforcées, notamment au regard du RGPD.
- Un plan de classement et un registre d’inventaire sont les deux piliers d’un archivage physique efficace.
- L’externalisation auprès d’un tiers-archiveur est la solution la plus fiable pour garantir sécurité, confidentialité et conformité.

Président d’Arcalys, société d’archivage à taille humaine depuis +30 ans. J’aide les entreprises d’Île-de-France et du Grand Est à sécuriser, gérer et valoriser leurs archives.

