Record management : définition, objectifs et normes applicables

Le record management est le processus d’organisation et de gestion de l’ensemble des documents d’une entreprise, de leur création jusqu’à leur sort final. C’est le cadre méthodologique de référence pour toute politique d’archivage sérieuse et conforme aux normes internationales.

Les 5 points à retenir sur le record management

Une définition précise et opérationnelle Le record management est un processus structuré de gestion des documents engageants — les « records » — depuis leur production jusqu’à leur conservation selon les durées légales ou leur élimination tracée. Il s’applique aux archives courantes et intermédiaires.

Un concept né aux États-Unis, normalisé à l’international Le record management est encadré par la norme internationale ISO 15489, transposée en France sous le titre NF ISO 15489 par l’AFNOR. Cette norme définit les exigences et les procédures pour une gestion documentaire conforme.

Une méthode proactive, pas réactive Contrairement à l’archivage classique qui intervient souvent après accumulation, le record management préconise le traitement des documents dès leur création. Un document produit aujourd’hui est l’archive de demain.

Quatre exigences fondamentales pour chaque document Tout document géré selon les principes du record management doit être authentique, fiable, intègre et exploitable. Ces quatre qualités garantissent sa valeur probante et sa recevabilité en cas de contrôle ou de litige.

Un outil de protection, pas seulement de conservation Le record management protège l’entreprise contre les risques liés à la mauvaise gestion documentaire : perte de données, non-conformité légale, impossibilité de se défendre en cas de litige, sanctions RGPD.

Qu’est-ce que le record management ?

Le record management — ou gestion des documents d’activité — est un processus d’organisation et de gestion de l’ensemble des documents produits ou reçus par une organisation, de leur création jusqu’à leur sort final : conservation selon les durées légales ou élimination tracée et certifiée.

Ce concept, né aux États-Unis dans les années 1950, répond à un besoin fondamental des organisations : être en mesure de retrouver, produire et justifier tout document à tout moment, quelle que soit la date de sa création. La mise en place d’un record management rigoureux est directement liée aux avantages d’un archivage structuré que toute entreprise peut retirer d’une bonne gestion de ses documents.

Le record management est le fondement méthodologique sur lequel s’appuie toute politique documentaire performante.

Qu’est-ce qu’un « record » au sens du record management ?

Le terme « record » désigne en anglais un document contenant une information d’importance : un contenu de nature comptable, technique, juridique ou autre qui doit être conservé parce qu’il engage l’organisation ou témoigne de son activité.

Un record est caractérisé par trois propriétés indissociables :

  • daté et authentifié : il porte une date de création et l’identité de son auteur, ce qui établit son contexte de production ;
  • validé et figé : une fois validé, il ne peut plus être modifié. Toute modification génère un nouveau document, distinct du précédent ;
  • engageant : il produit des effets juridiques, contractuels ou opérationnels sur l’organisation qui l’a produit ou reçu.

Déterminer quels documents sont des records est fondamental dans la démarche de record management, car cela évite de mobiliser les mêmes ressources pour des documents sans valeur engageante — les brouillons, les copies de travail, les notes provisoires — et pour les documents ayant une valeur probante réelle.

La différence entre archivage classique et record management

L’archivage classique intervient souvent après accumulation : l’entreprise attend d’avoir un volume de documents incontrôlable pour décider de les trier et de les ranger. Le record management, lui, préconise le traitement des documents dès leur création, avant que leur accumulation ne devienne un problème.

  • archivage classique : traitement réactif, après accumulation, souvent partiel et subjectif ;
  • record management : traitement proactif, dès la création du document, systématique et documenté.

Les deux approches ne sont pas incompatibles. Beaucoup d’entreprises commencent par un archivage classique avant de migrer vers un record management plus structuré, à mesure que leur volume documentaire et leurs exigences de conformité augmentent.

Quels sont les objectifs du record management ?

Le record management poursuit des objectifs précis qui répondent aux besoins les plus fondamentaux d’une organisation en matière de gestion de l’information. Ces objectifs sont à la fois défensifs — protéger l’entreprise — et offensifs — améliorer son efficacité opérationnelle.

Bien appliqué, le record management transforme les archives d’une charge administrative en ressource stratégique.

Préserver la mémoire et garantir la continuité de l’activité

Le premier objectif du record management est de préserver la mémoire de l’organisation : garantir que les décisions prises, les engagements pris et les activités réalisées sont documentés et trouvables dans le temps. Cette mémoire documentaire est indispensable en cas de changement de personnel, de fusion, de cession ou de transmission d’activité.

Elle est également la condition de la continuité d’activité en cas de sinistre : une organisation dont les documents sont correctement gérés peut reconstituer son activité après un incident bien plus rapidement qu’une organisation dont les archives sont désorganisées ou inexistantes. La question de la conservation des archives lors d’une fermeture d’entreprise illustre bien l’importance de cette continuité documentaire dans les moments de vulnérabilité organisationnelle.

Répondre aux exigences légales et se protéger en cas de litige

Le record management permet à l’entreprise de satisfaire à ses obligations légales de conservation documentaire et de se protéger en cas de litige. Un document correctement archivé depuis sa création est une preuve solide, dont la chaîne de conservation peut être reconstituée et attestée.

Un document mal géré, modifié après coup ou introuvable au moment où on en a besoin peut avoir des conséquences aussi lourdes que son absence totale. La gestion des documents à conserver et archiver selon les principes du record management garantit l’authenticité, la fiabilité, l’intégrité et l’exploitabilité de chaque document conservé.

Comment fonctionne la norme ISO 15489 ?

La norme ISO 15489 est la référence internationale qui encadre le record management. Publiée en 2001 par l’Organisation Internationale de Normalisation, elle a été transposée en France sous le titre NF ISO 15489 par l’AFNOR. Elle fournit des directives pour la mise en place de systèmes de gestion documentaire conformes et performants.

La norme ISO 15489 est le référentiel de confiance pour toute démarche de record management sérieuse.

Les quatre exigences documentaires de la norme ISO 15489

La norme définit quatre propriétés que doit posséder tout document géré selon ses principes.

Propriété Définition Conséquence pratique
Authenticité Le document est bien ce qu’il prétend être Identification de l’auteur, de la date et du contexte de création
Fiabilité Le contenu représente fidèlement les faits Validation par les personnes habilitées avant archivage
Intégrité Le document n’a pas été modifié depuis sa création Traçabilité des accès et des modifications
Exploitabilité Le document peut être retrouvé et utilisé quand nécessaire Indexation, classement et accessibilité garantis

Ces quatre propriétés définissent ce qu’on appelle un document « de confiance » — un document dont la valeur probante est incontestable devant un juge, un contrôleur fiscal ou un auditeur.

Les sept procédures du record management selon la norme ISO 15489

La norme ISO 15489 définit sept procédures fondamentales que doit intégrer tout système de record management.

La première est le classement des activités : identifier et organiser les activités de l’organisation pour déterminer quels documents doivent être produits et conservés pour en rendre compte. La deuxième est la définition des durées de conservation, basées sur les exigences légales et les besoins opérationnels. La troisième est la sélection et l’enregistrement : identifier les documents à capturer dans le système de record management et les y intégrer de façon systématique.

Les quatre procédures suivantes concernent le stockage dans des conditions garantissant la pérennité des documents, la gestion des accès selon des règles définies, la traçabilité de toutes les opérations réalisées sur les documents, et enfin l’application du sort final — destruction ou conservation prolongée — à l’échéance des durées légales.

L’archivage managérial : origine et 5 points clés

L’archivage managérial est la traduction française la plus proche du concept de record management. Il peut être défini comme la fonction consistant à produire, recevoir, conserver et utiliser des documents, processus et autres traces écrites relatives à l’activité d’une entreprise ou d’un organisme.

L’archivage managérial est à l’archivage ce que la comptabilité analytique est à la comptabilité générale : une approche de pilotage, pas seulement d’enregistrement.

Les 5 points essentiels de l’archivage managérial

Ces cinq points résument les principes fondamentaux de l’archivage managérial tels qu’ils s’appliquent concrètement en entreprise.

  1. né aux États-Unis, le concept permet d’organiser et de gérer les documents essentiels à une organisation, publique ou privée, qui doit pouvoir y accéder à tout moment. Les archives peuvent être courantes ou intermédiaires.
  2. le terme « records » comprend les dossiers vivants, les archives et les documents internes de référence. Sont pris en compte les durées légales de conservation, la traçabilité, l’efficacité des procédures et le rapport qualité/prix du système d’archivage.
  3. l’enregistrement d’un document papier ou électronique est effectué dès sa validation. Un document produit aujourd’hui est l’archive de demain : c’est le principe fondateur de l’approche proactive du record management.
  4. la norme ISO 15489 encadre le record management internationalement, transposée en France sous le titre NF ISO 15489 de l’AFNOR.
  5. l’application par les administrations françaises a été documentée notamment par Philippe Barbat dans « Comment le record management peut faire progresser la transparence administrative », qui envisage son déploiement dans le secteur public français.

Les outils du record management

Le record management dispose d’un ensemble d’outils qui permettent sa mise en œuvre concrète au sein de l’organisation. Les principaux sont le référentiel d’archivage — ou tableau de gestion — qui recense les types de documents, leurs durées légales et leur sort final ; le plan de classement, qui organise les documents selon une hiérarchie logique ; et le MoReq (Model Requirements for Records Systems), complément de la norme ISO 15489 spécifiquement dédié aux archives électroniques.

La charte du record management est le document de gouvernance qui formalise les responsabilités, les procédures et les engagements de l’organisation en matière de gestion documentaire. Elle est destinée aussi bien aux utilisateurs qu’à la direction et aux professionnels des archives.

Ce qu’il faut retenir sur le record management

Le record management est bien plus qu’une méthode d’archivage : c’est un système de gouvernance documentaire qui garantit que chaque document produit ou reçu par l’entreprise est traité de façon authentique, fiable, intègre et exploitable, depuis sa création jusqu’à son sort final.

Sa mise en œuvre, encadrée par la norme NF ISO 15489, repose sur des outils concrets — référentiel, plan de classement, charte — et des procédures systématiques qui transforment l’archivage en processus maîtrisé. La préparation des documents avant leur archivage physique et l’organisation globale des archives en entreprise s’appuient directement sur les principes du record management pour garantir leur efficacité et leur conformité.

FAQ — Vos questions sur le record management

Le record management s’applique-t-il aux petites entreprises ?

Oui. Même si le record management est souvent associé aux grandes organisations, ses principes s’appliquent à toute structure qui produit des documents à valeur légale ou probante. Une TPE ou une PME a les mêmes obligations légales de conservation qu’une grande entreprise, et les mêmes risques en cas de non-conformité. L’adaptation des outils à la taille de la structure est possible sans renoncer aux principes fondamentaux.

Quelle est la différence entre record management et GED ?

La GED (Gestion Électronique de Documents) est un outil informatique qui automatise la capture, le classement et la recherche de documents numériques. Le record management est une méthode de gouvernance documentaire qui s’applique à tous les supports — papier et numérique. La GED peut être un outil au service du record management pour les archives numériques, mais elle ne couvre pas les archives physiques et ne se substitue pas à la démarche méthodologique du record management.

Les normes ISO 15489 sont-elles obligatoires pour les entreprises françaises ?

Non. Les normes ISO et NF ISO sont transmises à titre indicatif et n’ont pas de caractère légalement obligatoire pour les entreprises du secteur privé. Elles constituent cependant une référence de bonnes pratiques reconnues par les organismes de contrôle et les tribunaux. Leur respect est un argument de sérieux en cas de litige ou de contrôle.

Comment démarrer la mise en place d’un record management dans son entreprise ?

La démarche commence par un audit documentaire qui identifie les types de documents produits, leur valeur légale et les durées de conservation applicables. L’étape suivante est la construction du référentiel d’archivage, puis la définition des procédures de classement, d’accès et de destruction. L’accompagnement d’un archiviste professionnel est recommandé pour les structures qui n’ont pas les compétences internes nécessaires.

Record management et RGPD sont-ils compatibles ?

Oui, et ils sont même complémentaires. Le RGPD impose des durées de conservation limitées pour les données personnelles et l’obligation de prouver leur destruction à l’échéance. Le record management fournit précisément le cadre méthodologique pour gérer ces durées et ces destructions de façon systématique et traçable. Mettre en place un record management conforme à la norme ISO 15489 est l’une des meilleures façons de progresser simultanément en conformité RGPD et en qualité documentaire.

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